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Maladie d’Alzheimer : l’espoir est permis3 min read

17 juillet 2019 2 min read

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Maladie d’Alzheimer : l’espoir est permis3 min read

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Bien vieillir est devenu un sujet de préoccupation majeur dans nos sociétés vieillissantes. Or cela passe par la meilleure préservation possible des capacités cognitives, et notamment de sa mémoire.

Les travaux des chercheurs montrent qu’un déclin cognitif se déclenche 17 ans en moyenne avant le diagnostic de la maladie d’Alzheimer. Jusqu’au début des années 2000, les scientifiques pensaient que les démences séniles, dont la maladie d’Alzheimer est la plus répandue, étaient inéluctables et causées essentiellement par le vieillissement.

Un mécanisme complexe

Plus la population vieillirait, plus il y aurait des personnes atteintes de cette maladie. C’était la vision traditionnelle de la médecine universitaire. Mais des années de recherche ont permis de démontrer que le mécanisme de la maladie était plus complexe et que des actions de prévention étaient possibles.

Autour de Hélène Amiéva, Professeur de psychogérontologie à l’université de Bordeaux 2, chercheur Inserm et membre du Conseil scientifique de l’Observatoire B2V des Mémoires, une table ronde a réuni des scientifiques pour s’interroger sur la question suivante : a-t-on commencé à vaincre la maladie d’Alzheimer ?

Plusieurs plans nationaux peu efficaces

Rappelons tout d’abord que cette maladie fut décrite en 1906 par le médecin allemand Aloïs Alzheimer. A partir de 1988, le neurologue Jean-François Dartigues a mis en place la plus grande étude épidémiologique sur le sujet, l’étude PAQUID, portant sur plus de 4000 personnes du sud-ouest de la France. 

L’opinion publique a réellement découvert cette maladie au début des années 80 alors que Yasmin Aga Khan a parlé du naufrage de sa mère, Rita Hayworth. Plusieurs plans nationaux Alzheimer ont abouti à des traitements aux effets modestes.

Quels furent les progrès enregistrés en France en la matière ? Pour Bernard Laurent, neuropsychologue à Saint-Etienne, le grand changement dans les perspectives de traitement, c’est que l’on sait qu’il faut intervenir très tôt pour bloquer le processus dégénératif, qui précède de plus de 10 ans les symptômes.

Une meilleure prise en charge des facteurs de risque

Vieillir dans de bonnes conditions, avoir une hygiène de vie correcte, ces progrès ont-ils un impact positif, à l’échelle de la population ? Assurément. Des chercheurs travaillant à Rotterdam ont montré que l’apparition de nouveaux cas de maladie d’Alzheimer à l’âge de 75 ans a diminué de 20% les 10 dernières années. Idem à Stockholm, dans trois villes anglaises, à Bordeaux et à Framingham, à côté de Boston.

Trois raisons peuvent être invoquées, dont la première est une meilleure prise en charge de tous les facteurs de risque cardiovasculaires – à condition d’être vigilant face au développement du diabète et de l’obésité – puisque le fonctionnement du cerveau requiert une bonne circulation sanguine. Le niveau général d’éducation de la population, qui a fortement progressé entre 1900 et 1950, s’est également accompagné d’une amélioration des réserves cérébrales et cognitives. Le cerveau étant plastique, son volume de matière grise est augmenté et il fonctionne mieux – à condition de l’entretenir par le travail et les loisirs ! Un troisième facteur est celui du vieillissement global, qui s’effectue dans de meilleures conditions par rapport aux générations précédentes au même âge.

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