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Entreprendre et travailler en couple ? C’est possible, mais…6 min read

7 juillet 2018 4 min read

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Entreprendre et travailler en couple ? C’est possible, mais…6 min read

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Entreprendre et travailler en couple, que ce soit dans la création, la reprise d’entreprise ou comme salariés d’une société, est une formidable aventure à condition d’y apporter tous les soins nécessaires, pour la pérennité du couple et de l’entreprise en question. Des erreurs sont à éviter pour que tout fonctionne au mieux.

En France, 600 000 entreprises commerciales ou artisanales sont dirigées par un couple, et 200 000 professionnels libéraux exercent avec leur conjoint. Sans compter ceux qui sont en union libre.

Pour que tout marche au mieux, il existe des écueils à éviter et des règles à suivre. En voici quelques-uns pleins de bons sens.

Avant de considérer la création d’une société avec votre moitié, il faudra au préalable définir qui fait quoi, comment et pourquoi. Cela vous évitera des conflits qui mineront votre couple au travail et finiront de le saper une fois de retour à la maison.

Vous voulez aider votre amie-mari-femme-époux qui ne trouve pas de travail en l’intégrant à votre business existant ? Ce n’est pas forcément une bonne idée. Vous pensez que votre mariage sera encore plus fort en ayant une affaire à gérer à deux ? Là non plus, le stress généré dépasse largement l’effet que vous pensez obtenir. Il est important de se poser les bonnes questions et d’y répondre à deux.

– Comment votre relation va-t-elle influer votre travail à deux ?

– Comment allez-vous gérer la présence de l’autre 24h sur 24 ?

– Est-ce que les rôles seront inversés ?

– Qui sera le « patron » ?

– Comment managerez-vous les conflits professionnels ?

– Serez-vous à même de séparer privé et professionnel ?

Voilà des questions auxquelles il vous faudra répondre avant même d’envisager de passer chez le notaire pour monter la société. Les couples disent très souvent que ça paraît beaucoup plus simple que cela ne l’est en vérité. Êtes-vous vraiment prêt(e) à travailler avec votre conjoint(e) ?

Travailler en couple : pour le meilleur… et pour le pire

Si vous vous croyez prêts, n’oubliez pas que ce sera pour le meilleur, mais également pour le pire… Retenez que tous les couples ne sont pas faits pour travailler ensemble.

Quand on en interroge certains pour leur demander si ça les tenterait, bon nombre d’entre eux s’en sentent complètement incapables. Leurs arguments sont assez variables, comme par exemple, « je ne pourrai jamais le ou la supporter toute la journée », « on n’arrêterait pas de se disputer », « il me faut des moments à moi tout seul pour briser la routine du couple », etc.

Travailler en couple : une question d’organisation

Si votre décision est prise de travailler ensemble, foncez, mais en réfléchissant bien au préalable à votre organisation. Tout est une question d’organisation en effet. La première étape consiste à définir les tâches de chacun pour ne pas se marcher sur les pieds et convenir du décisionnaire sur chaque thématique. Il faut éviter au maximum les rapports de force liés à l’exercice du pouvoir. Vous devez donc rester vigilant à la répartition des rôles en fonction des envies et des compétences de chacun. Par ailleurs, une des grandes règles du travail en couple consiste à distinguer vie professionnelle et vie privée. En clair, ne pas ramener les problèmes professionnels à la maison. Il faut également éviter de rapporter au sein de l’entreprise les querelles de couple.

Travailler en couple : un statut à définir

Dans l’entreprise, chacun des époux ou membre du couple doit avoir un statut bien précis et identifié. Rien de pire pour une femme par exemple de n’être jugée que comme « la femme du patron » ! Dans le cas de votre propre entreprise, la loi du 2 août 2005 rend obligatoire le choix d’un statut pour votre conjoint. Il doit être déclaré auprès du Centre de formalités des entreprises c’est-à-dire, la CCI ou chambre des métiers.

Tout conjoint travaillant dans l’entreprise sans avoir été déclaré se trouve en situation de travail dissimulé. Il s’agit d’un délit pénal. A noter qu’une aide ponctuelle ne peut pas donner lieu à un statut. Enfin, dernier point, la même loi du 2 août 2005 rend obligatoire l’adhésion à un régime d’assurance vieillesse pour le conjoint non salarié.

Le conjoint salarié

Le conjoint salarié dispose d’un contrat de travail traditionnel, au même titre que les autres employés. Il doit recevoir une rémunération au moins égale au Smic horaire et est affilié au régime général de la Sécurité sociale.

Le conjoint collaborateur

Ce statut est réservé aux couples mariés ou pacsés. Il n’est ouvert que dans les EURL et les SARL dont le gérant est associé majoritaire. L’effectif de l’entreprise ne doit pas excéder 20 salariés. Il n’est pas rémunéré et doit participer réellement à l’activité de l’entreprise. Autre point important : il n’a pas droit au chômage. Cependant, il bénéficie, dans les mêmes conditions que le chef d’entreprise, des droits à la retraite et de l’assurance-maladie.

Le conjoint associé

Le conjoint associé participe à la constitution du capital de l’entreprise. Il doit donc apporter une contribution, qu’elle soit pécuniaire (sur ses fonds propres ou ceux du couple) ou purement technique (uniquement dans le cas d’une SARL). Sa protection sociale est identique à celle du chef d’entreprise. Associétype, il reçoit en contrepartie des actions ou des parts sociales. Ce statut, de par sa définition, est ouvert à tout type d’union.

Travailler en couple : pensez au pire tant que tout va bien

Un mariage sur trois débouche sur un divorce, et les entrepreneurs n’échappent pas à cette triste réalité. Avec des désastres pour le mari ou l’épouse, surtout s’il (elle) n’a pas de statut formalisé dans l’entreprise. Bref, avec le risque « DDF » (pour divorce-décès-faillite), ce sont à la fois la pérennité de l’entreprise et la protection financière et sociale des deux conjoints qui sont en jeu. Les seules vraies parades étant préventives, mieux vaut les mettre en place quand tout va bien.

Attention également au régime de mariage, car en général, les époux pensent que le meilleur en tant que chef d’entreprise est celui de la séparation de biens. Or, prévue pour protéger le patrimoine personnel de chacun, en cas de divorce, la séparation de biens peut mettre l’un des deux conjoints dans une situation financière difficile. Seuls une prestation compensatoire et des dommages intérêts en cas de licenciement permettront de maintenir ses revenus. Un régime communautaire – qu’il s’agisse de la communauté universelle ou de la communauté réduite aux acquêts (régime légal en l’absence de contrat de mariage) – aurait instauré un équilibre plus juste entre les époux : les biens professionnels et les biens privés auraient été partagés à égalité.

Une belle aventure

De nombreux couples réussissent à travailler en ensemble, en parfaite harmonie et parviennent à faire fructifier leur entreprise, sans heurts. Pourquoi ? C’est d’abord parce que leur couple est solide qu’ils sont capables de bien travailler ensemble. D’autre part, c’est parce qu’ils sont complémentaires. Retenez enfin que ces couples qui réussissent ne se sont pas lancés à la légère. Ils ont mûrement réfléchi, pesé le pour et le contre.

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