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Fabienne Billat : « Sur Twitter, il y a de moins en moins d’information et de plus en plus de propagande »4 min read

25 février 2020 3 min read

Fabienne Billat : « Sur Twitter, il y a de moins en moins d’information et de plus en plus de propagande »4 min read

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Experte en communication et en stratégie digitale, conférencière, membre du conseil d’administration de l’Institut Sapiens, un think-tank libéral, Fabienne Billat s’adresse quotidiennement à plus de 40 000 abonnés sur Twitter. Dans cet entretien, @fadouce, son nom d’utilisateur sur Twitter, évoque son utilisation des réseaux sociaux, la dégradation de la qualité des échanges, mais aussi la question des tweets sponsorisés.

Quel regard portez-vous sur l’évolution de Twitter ?

En dix ans, Twitter a énormément évolué. Ce réseau, plus qu’aucun autre, est le reflet de la société. Au début, je m’étais créé une mythologie du numérique où tout le monde partageait et échangeait au-delà des couches sociales ou des idéologies politiques. Mais c’était une illusion. Nous ne pouvons pas nous mélanger avec tout le monde, et c’est ce que nous apprenons avec les réseaux sociaux. Nous recréons nos bulles, nos microcosmes… Il y a beaucoup d’entre-soi sur Twitter.

L’attitude des utilisateurs a-t-elle changé ?

Il y a beaucoup plus d’agressivité, de plus en plus de méchanceté et énormément d’auto-promo. L’auto-promo devient insupportable. Il y a de moins en moins d’informations et de plus en plus de propagande. Nous sommes désormais dans la haine, dans l’invective…

« Il y a beaucoup plus d’agressivité, de plus en plus de méchanceté et énormément d’auto-promo »

Vous interdisez-vous de traiter certains sujets ?

J’évite d’aborder des sujets touchant à la politique car je ne suis pas spécialiste de la question. D’autant que si c’est pour être la cible de haters, non merci ! Avant, je trouvais que le numérique était très technologique, mais il devient de plus en plus politique. Nous sommes donc obligés d’aborder un peu ces sujets. Le problème est que dès que vous donnez votre avis sur un sujet d’actualité ou de société – les grèves, les trains ou les taxis, par exemple –, tout le monde vous tombe immédiatement dessus…

Que pensez-vous de la place qu’occupent les femmes sur Twitter ?

Avec Twitter et les réseaux sociaux, nous avons une vraie parole, une vraie possibilité de porter notre voix sur des sujets.

Quand avez-vous commencé à utiliser les réseaux sociaux ?

Je me suis lancée sur les réseaux sociaux à l’époque de Facebook. En 2008, j’ai commencé à travailler pour la start-up Smub.Inc. Très vite, je suis passée à Twitter, même si au départ, je ne voyais pas très bien à quoi pouvait servir ce réseau social. Mais j’ai utilisé Twitter pour les veilles de ma start-up et pour obtenir des informations sur les technologies, le secteur de l’innovation… Puis, petit à petit, je me suis mise à communiquer et à avoir de la visibilité. Professionnellement, je me suis complètement fabriquée avec les réseaux sociaux.

« Dès que vous donnez votre avis sur un sujet d’actualité ou de société – les grèves, les trains ou les taxis, par exemple –, tout le monde vous tombe immédiatement dessus »

Les réseaux sociaux ont-ils modifié votre manière de travailler ?

Les réseaux sociaux m’apportent beaucoup. Déjà, ils sont en grande partie à l’origine des missions que l’on me confie. Aujourd’hui, grâce à Twitter, je donne des conférences et j’interviens dans des entreprises ou des organisations. On me missionne à la journée pour « des cover live », avec une ou deux interviews. J’accompagne des dirigeants et des startuppers dans leur communication digitale sur les réseaux sociaux et dans leur communication d’influence. Ces activités sont possibles grâce aux réseaux sociaux.

Arrivez-vous à décrocher de Twitter ?

Je suis tout le temps dessus. Parfois, je suis tellement absorbée que j’y reste de 7h jusqu’à 22h… J’y passe un temps incalculable.

Quels sont vos cinq comptes de référence ?

Avez-vous déjà regretté un tweet ?

Oui. Certaines entreprises payent pour un tweet. Un jour, Air France me missionne pour publier un tweet. Un homme, dont je ne citerais pas le nom, y fait allusion sur Twitter. J’ai alors répondu : « Oui, j’ai été rémunérée pour un tweet. » A partir de ce moment-là, cet homme m’a insulté et a mobilisé sa communauté contre moi. Ils ne m’ont pas lâchée pendant trois jours.

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