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Travailler à l’étranger : 10 étapes à connaître avant le grand saut9 min read

5 janvier 2019 6 min read

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Travailler à l’étranger : 10 étapes à connaître avant le grand saut9 min read

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Le nombre d’expatriés français a encore augmenté en 2018, preuve que partir travailler à l’étranger ne fait plus peur à nombre de dirigeants, cadres et salariés. Voici 10 conseils pour faire de votre implantation hors frontière une réalité et un succès.

Plus de trois millions

Officiellement, le chiffre exact est de 821 519 Français expatriés, mais le ministère des Affaires Etrangères estime que la réalité se situe entre 3 et 3,5 millions. Parmi ces expatriés, on compte un bon nombre de binationaux, notamment des mineurs, sans oublier des retraités, en vérité la proportion d’actifs est estimée à un peu plus du tiers. S’expatrier peut se révéler être une véritable aventure, aussi mieux vaut préparer en détail afin que tout se passe au mieux.

C’est décidé, je pars à l’étranger

Oui, mais pourquoi ? Les motivations sont très diverses, et la destination a aussi son importance. Raison N°1 : la proposition professionnelle. Les entreprises et les grands groupes sont à l’affut de candidats susceptibles d’accepter des mobilités. La plupart du temps, il s’agit d’une étape importante et d’un accélérateur de carrière.

Dans ce premier cas, il est possible de partir sous le statut d’expatrié, ou de détaché. La création d’entreprise est aussi une raison de s’implanter dans certains pays, parfois susceptibles de présenter des facilités pour les jeunes créateurs. La retraite est aussi un motif. Certains retraités choisissant de partir à l’étranger, par goût, ou par raisonnement financier. Le Portugal, la Thaïlande présentent par exemple des avantages non négligeables. L’attrait fiscal, ce critère ne représente qu’un pourcentage relativement faible de personnes, attirées par des régimes fiscaux nettement plus avantageux. Enfin, plus simplement, quelques Français tentent l’aventure de l’étranger afin de changer d’air. Des départs qui font rêver, et que quelques-uns concrétisent. 

1. la prévention, mère de sûreté

Différents statuts existent, en dehors de celui d’indépendant où il convient de gérer soi-même les différents aspects de son départ à l’étranger. Le statut d’expatrié est un statut assez protecteur, mais relativement coûteux pour un employeur. Nombre de PME y renoncent d’ailleurs. L’autre statut est celui de détaché, dans ce cas, l’employeur établi dans l’Espace Economique Européen ou en Suisse, envoie son employé dans un autre Etat membre pour une durée maximale de 24 mois, sauf exception.

Dans ces deux cas, l’employeur est en charge d’effectuer toutes les formalités pour son salarié, notamment de maintenir sa couverture sociale. Dans les deux cas, l’important est de négocier tous les aspects de cette nouvelle vie avant le départ, car il est ensuite difficile de revenir en arrière ou d’obtenir de nouvelles conditions.

2. priorité à la santé

Pour les expatriés

Un expatrié ne cotise plus en France et perd ses droits à l’Assurance Maladie française, sauf s’il décide de cotiser, soit à titre individuel, soit via l’employeur à la Caisse des Français de l’Etranger (CFE).

Celle-ci est une « Sécurité sociale » réservée aux expatriés qui souhaitent garder une couverture à la française. Il faut savoir que les remboursements sont basés sur les frais médicaux français, une assurance complémentaire est donc recommandée pour certains pays permettant de compenser la différence.

Pour les détachés

Pour les détachés en Europe, ou en Suisse, la protection sociale française reste en place et le sésame reste le numéro de Sécurité sociale. En tant que salarié, l’entreprise se charge de cette formalité qui va donner lieu à des prélèvements vérifiables sur la fiche de paie. Il suffit ensuite de se renseigner sur les spécificités de chaque système national et les facilités d’accès aux soins.

3. la retraite en ligne de mire

Via le CFE, il est également possible de cotiser à l’assurance vieillesse afin que le système français continue de comptabiliser les années de travail, ce qui est évidemment important si l’on prévoit de revenir en France ou si l’on a déjà cotisé depuis de longues années. Sinon, il est possible de cotiser à l’étranger. S’il s’agit d’un pays où il existe une convention bilatérale avec la France, chaque pays va calculer et verser une pension au prorata du temps cotisé dans chaque pays. La demande se fait dans le pays de résidence, à moins qu’il ne s’agisse d’un territoire dans lequel on jamais cotisé, auquel cas il convient de faire la demande dans le dernier endroit les retraites séparément, ou demander une retraite unique via un système de « totalisation- proratisation ».

Si le travail a eu lieu dans un pays sans convention bilatérale, les retraites seront forcément perçues de façon séparée. Mais dans certains cas, la condition est de rester résident, aussi mieux vaut être certain que cela fait partie de ses projets d’avenir.

4. les incidences fiscales

La première chose est de savoir s’il existe une convention fiscale entre les deux pays. En tant qu’expatrié, tout dépend du domicile fiscal, s’il reste en France, les impôts dus sont à régler en France sur l’ensemble des revenus. Dans le cas contraire, il conviendra de déclarer et payer des impôts en France uniquement sur les revenus de source française.
Le reste sera payé dans le nouveau pays de résidence, selon le système en place, via déclaration ou prélèvement à la source. Le statu d’expatrié permet de faire en sorte que les impôts dus à l’étranger ne soient pas plus élevés qu’en France, l’entreprise compensant le différentiel s’il y a un surplus à payer.

Pour le détaché, la domiciliation fiscale reste en France, car les missions sont généralement d’une durée limitée, de trois ans maximum.

5. gérer L’éducation des enfants

L’Agence pour l’Enseignement du Français à l’Etranger, l’AEFE, fournit une liste des établissements où il est possible d’inscrire ses enfants si une réintégration dans le système scolaire académique français est prévue à terme. Les prestations familiales sont interrompues si les enfants séjournent plus de trois mois à l’étranger, à l’exception de certaines prestations dites « exportables » en particulier pour les détachés. Il convient de se renseigner auparavant auprès de sa Caisse d’Allocations Familiales ou du CLEISS : Centre des Liaisons Européennes et Internationales de Sécurité Sociale. Le coût de ces établissements est très variable en fonction des pays, mais peut être très élevé par rapport à la France. Inscrire ses enfants dans un lycée français au Japon par exemple est un véritable investissement. Là encore, cela peut faire partie d’une négociation avec le recruteur avant le départ.

6. s’inscrire auprès des services consuLaires

Cette inscription n’est pas obligatoire, mais recommandée pour tout séjour de plus de six mois à l’étranger. Elle est valable cinq ans. Certains avantages sont liés à cette démarche, telles que : aide à la demande de documents d’identité, assistance aux demandes de bourses pour les enfants scolarisés dans un établissement français, présence sur les listes électorales et des recensements, réductions de tarifs sur des services de légalisations. Cette inscription sur le Registre des Français à l’étranger peut se faire par internet de façon très simple, à condition de prévoir un justificatif d’identité, de résidence, et une photo.

7. votre contrat de travail

Pour un détaché, le contrat de travail français se poursuit, généralement sous la forme d’un avenant au contrat existant. Cet avenant doit préciser les conditions de départ, en particulier matérielles. Il existe également une solution mixte, le salarié travaille à l’étranger la semaine et rentre le week-end, une solution intéressante pour l’entreprise, qui permet à la famille de rester sur place.

Pour un expatrié, deux solutions sont possibles, le contrat de travail français peut être maintenu pendant la durée de la mission, ou suspendu pour donner lieu à un contrat de droit local, avec ou sans avantages particuliers sous la forme d’une mise à disposition du salarié. Les transferts sont généralement pratiqués par les multinationales. Dans ce cas, un accord entre l’entreprise française, l’entreprise d’accueil et le salarié doit se concrétiser par la rupture du contrat de travail français. Le cas le plus habituel est celui du contrat local, ce qui exige de se renseigner sur la législation locale, par exemple sur diplomatie.gouv.fr.

8. trouver son nid

Mieux vaut connaître les conditions de logement avant de partir. Dans le meilleur des cas, c’est l’entreprise qui s’en charge ou trouve une solution temporaire qui permet de voir où l’on aimerait s’installer.

Ensuite, le salarié recherche son logement définitif, une fois arrivé sur place. Ce changement d’adresse signifie également qu’il faut penser à tous ses prélèvements, et abonnements afin de les résilier. Il est aussi possible de louer son logement français pendant son absence, si l’on souhaite le retrouver ensuite.

9. penser à son conjoint

En ce qui concerne le conjoint, à moins qu’il ne trouve un travail sur place, il « perd »toutes les années passées à l’étranger, sauf à décider de cotiser à titre individuel auprès du CFE. Il est cependant possible de racheter les points de cotisation manquants moyennant un surcoût. Les Allocations Chômage peuvent concerner le conjoint, car démissionner pour suivre son mari ou son épouse est considéré comme motif légitime par les Assedic, il y a donc possibilité de percevoir des allocations. Renseignements à prendre avant le départ, car la législation est susceptible d’évoluer.

10. prévoir un retour possible

Le retour en France est parfois prévu dès le début, ce qui met en perspective le départ et facilite les choses. Lorsque cela n’est pas le cas, le retour devient à nouveau une aventure, même si dans ce cas, on dispose souvent de réseaux, que l’on peut réactiver, pour disposer d’une assistance précieuse sur place. De la même façon, les organisations officielles qui gèrent ou assistent les Français qui partent à l’étranger, offrent des services identiques pour le retour.

Retenez que les démarches sont assez lourdes, plus que dans un changement de résidence « normal ». Tous les papiers doivent être à jour, visas, permis de conduire, trouver une solution pour les animaux de compagnie si nécessaire, choisir une nouvelle banque, etc. Il faut avoir une motivation solide pour partir et supporter des aléas toujours possibles.

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