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Formation professionnelle : une stratégie gagnante ?7 min read

1 janvier 2019 5 min read

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Formation professionnelle : une stratégie gagnante ?7 min read

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Qu’il s’agisse de s’adapter à de nouvelles méthodes et à la révolution numérique ou de préparer un salarié à prendre un nouveau poste, la formation joue un rôle essentiel pour le présent et le futur de toute entreprise.

Les experts affirment que la plupart des emplois de 2030 n’existent pas encore aujourd’hui. Tout comme nombre de métiers actuels n’existaient pas il y a quinze ans. La formation continue est devenue de ce fait un enjeu essentiel pour les dirigeants… et pour les salariés. Le monde de la formation s’est lui aussi transformé, sous l’influence de la technologie et de la législation. Si le rôle majeur de la direction des ressources humaines est de garantir l’employabilité, dans la mesure du possible, la formation est clairement une carte primordiale pour gagner la partie, un atout stratégique dans un environnement très changeant.

Des inégalités subsistent

Pourtant chaque entreprise ne s’implique pas de façon identique. Dans certains groupes, les salariés considèrent qu’une proposition annuelle de formation est normale, quasiment due. Dans d’autres, il est parfois difficile pour un employé de décrocher ce sésame. L’aspect financier explique en partie cette différence. Les budgets alloués à la formation sont très différents, ce qui explique qu’il faille pour la grande majorité des entreprises faire des choix.

Des coûts supplémentaires ?

En formation comme ailleurs, le retour sur investissement est une vraie question pour le dirigeant. Il n’est pas si simple de présenter un bilan de ce type. Les managers s’accordent cependant sur certains points. Garantir un programme de formation est un plus pour le recrutement. Les candidats potentiels, surtout jeunes, prennent cet élément en compte. La mise en place de questionnaires d’évaluation permet de disposer d’un retour de qualité de la part des salariés, et d’aller vers des plans de formation plus adaptés et motivants. La formation est un outil de partage de valeur et de sens au sein de l’entreprise, afin de renforcer le sentiment de solidarité. Elle est un pan indispensable et stratégique de l’entreprise de demain.

Quantifier les retours

Les retours sont d’ordre qualitatif, et donc difficile à chiffrer, ce qui explique que nombre d’entreprises de taille modeste ne s’intéressent pas à cet aspect, qui est pour elles un centre de coût, sauf sur des savoirs techniques indispensables. Les services qualité produit et service internes aux entreprises ont longtemps dû justifier du bien-fondé de leur existence. Aujourd’hui, aucun dirigeant digne de ce nom ne peut en nier l’importance et la question ne se pose plus. Ce n’est pas encore le cas pour la formation. Mais les nouvelles technologies permettent d’avancer sur ce point.

Inciter à la formation

Le manager a bien des cartes à jouer pour motiver ses troupes à se former, si tant est que cela soit nécessaire. En effet, dans le cas où la formation s’adresse à des salariés qui vont être promus, l’adhésion va de soi. Pour les autres, un travail préalable doit parfois être réalisé.

• L’évolution des techniques
Le premier argument est de faire prendre conscience aux équipes de l’évolution des techniques, des modes et méthodes de travail. La formation va donc dans le sens de la permanence, parfois de la survie de son emploi, ou d’un emploi, pour le futur. Si cet aspect est intégré et compris, il devient difficile à un salarié de s’opposer aux plans de formation.

• Une chance d’évolution Présenter la formation comme une chance d’évolution de carrière et une forme de reconnaissance de la part du manager, est aussi un moyen de rassurer le salarié, et de lui signifier qu’il est important. Ces formations ont un coût, et investir sur les hommes envoie un signal positif.

• L’esprit d’entreprise
Il est à noter que lorsque la formation est partie prenante de la stratégie de l’entreprise, elle est nettement mieux acceptée que lorsqu’il ne s’agit que d’une proposition ponctuelle. Des plans annuels mis en place et approuvés par le plus haut niveau de la direction sont des messages clairs affirmant que cela fait partie des objectifs stratégiques.

• Un avantage bien réel
Enfin, même si cela n’est pas un argument que le manager peut mettre en avant, le salarié lui-même peut être conscient, via son environnement, que les formations ne sont pas monnaie courante dans toutes les entreprises, loin de là. La majorité des TPE et nombre de PME n’y voient qu’une source de coûts sans bénéfices et suit le minimum imposé par la législation.

La révolution du digital

En matière de formation cependant, force est de constater que la révolution numérique a changé la donne et simplifie nombre de processus.

Des formations en ligne
Le manager actuel a un atout dans sa poche que n’avaient pas ses prédécesseurs : les outils numériques permettent de proposer des sessions de formation à distance, en ligne, dans l’entreprise même ou à partir de chez soi. Un avantage non négligeable en termes de coûts pour l’entreprise, ressenti également comme un point positif chez la plupart des salariés. En effet, si certains profils apprécient de se retrouver à l’extérieur, en déplacement pour des formations, pour d’autres, il s’agit d’un véritable frein.

Le numérique est un outil idéal : il permet des formations plus ludiques, avec animations vidéo, cours individuels ou classe collective. Il est possible de suivre la formation sur tous les supports : ordinateur, tablette ou smartphone. Des challenges peuvent également être organisés à dis- tance, sous la forme de jeux afin d’agir sur le comportement des groupes.

• Du partage de compétences
Les start-up sont généralement des fans de formation, cela fait partie de leur ADN. Elles mettent en place des solutions anciennes revisitées, comme le partage de compétences entre employés. La transmission du savoir-faire ne se fait plus seulement par les plus anciens. L’idée est que garder son savoir pour soi est antinomique avec la solidarité et le besoin de fluidité de l’information qui doit régner dans une toute jeune société. Ce partage contribue à l’enrichissement collectif et individuel. Des sessions de partage de compétences entre employés ont donc régulièrement lieu dans de très nombreuses start-up. Sans oublier que cela coûte moins cher que des solutions externes, ce qui est un enjeu pour des entreprises à la trésorerie fragile.

Les moocs
Ces « cours » en ligne rencontrent un énorme succès, ce qui a interpellé le législateur : l’éligibilité des Moocs à la formation professionnelle est prévue, bien que repoussée à octobre 2019 afin de prendre en compte l’avis de start-up exerçant dans la formation en ligne. Leur première exigence est la rapidité à choisir les formations éligibles. Les nouvelles technologies n’attendent pas, et si une entreprise ou un entrepreneur exprime un nouveau besoin, il ne peut attendre plusieurs mois, voire plus. Leur proposition est d’aller vers une éligibilité par défaut.

• Une réforme tous azimuts

La réforme de la formation en France actuellement en cours modifie le rôle des organisations existantes, et remet en cause les fondations même du système. On passe de la mutualisation à la capitalisation, l’objectif étant de « libérer » la formation en rendant les formalités administratives beaucoup plus fluides, et moins complexes. La question que chacun se pose est évidemment de savoir si les individus vont saisir cette opportunité. Il est probable que dans un futur proche, c’est le salarié lui-même qui trouvera la formation intéressante pour son avenir et pourra la proposer à sa direction.

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