Leadership

Management : le team building est-il vraiment efficace ?

8 août 2018

Management : le team building est-il vraiment efficace ?

Toutes les stratégies de cohésion et de motivation des équipes sont très tendance au sein de l’entreprise. Dans le panel des nombreux outils proposés aux spécialistes du management, le team building a particulièrement le vent en poupe. Explications.

Le team building ou la construction d’un véritable esprit d’équipe sont des idées qui ne datent pas d’hier. De nombreuses techniques ont été mises au point, et aujourd’hui plus que jamais, cela reste un véritable défi pour le management.

En effet, de très nombreuses entreprises sont actuellement confrontées à des soucis de recrutement, mais également de fidélisation de leurs salariés. Or, la motivation passe aussi par l’esprit et la culture d’entreprise.

La notion de « cohésion d’équipes »

La cohésion d’équipes, pour utiliser le terme français, fait partie intégrante de la politique de nombre d’entreprises, et ce, depuis les années 80. L’objectif est clair : il s’agit de renforcer l’unité et la solidarité d’une équipe, ou de créer une nouvelle team, d’intégrer de nouveaux membres, dans le but d’obtenir une meilleure entente, en créant une ambiance favorable au travail.

Ce type de session peut être intégrée dans les missions des directions de ressources humaines de façon régulière, mais peut aussi être mise en place suite à des problèmes spécifiques rencontrés dans un service. Dans les entreprises qui ont des équipes internationales, il peut arriver que ces sessions soient nécessaires afin d’améliorer la compréhension ou la résolution de problèmes liés à des cultures différentes.

Une partie intégrante de la politique RH

Le concept a connu un grand succès dans les années 80 et 90 où tous les grands groupes et de nombreuses PME souhaitaient insister sur ce côté plutôt convivial, mais utile du team building.

En effet, les directions de ressources humaines avaient totalement intégré ces méthodes permettant de rendre les équipes plus productives. On ne parlait pas encore de bonheur au travail ou de Chief Happiness Officer, mais le principe sous-jacent était déjà présent.

En réalité, ces outils ont mis énormément de temps avant d’être adoptés par les entreprises. En effet, c’est un psychologue et sociologue australien, Elton Mayo, qui a mis en avant ce concept en étudiant le comportement des employés de la Western Electric de Cicero, près de Chicago. C’est cette étude qui est à l’origine de ce que l’on a nommé « l’effet Hawthorne » qui a conclu que l’intérêt porté aux travailleurs d’une entreprise influençait directement leur comportement au travail, les poussant à se surpasser. Or, Elton Mayo a développé cette théorie dès les années 30.

Des techniques séduisantes

Si le team building a eu et a encore tant de succès, c’est qu’il propose des activités de type ludique, souvent inspirées du sport, mais aussi de l’art, de l’aventure, avec soirées à thèmes et ateliers ; les entreprises spécialisées dans ce domaine ayant toujours fait preuve d’une grande créativité.

Une inventivité nécessaire permettant aux salariés des entreprises de sortir de leur routine, en les mettant dans des situations hors du quotidien, permettant ainsi de créer des conditions favorables au changement. La plupart du temps, les entreprises passent par des sociétés externes pour mener à bien ce type d’exercice qui exige une réelle aptitude, une solide expérience et une parfaite maîtrise des méthodes.

La motivation par le sport

Les activités sportives ont été et sont toujours intégrées dans la plupart des séminaires de team building. Si certaines initiatives laissaient à désirer, telles que la grande mode du saut à l’élastique, qui a sévi dans les années 80, différents sports sont souvent pratiqués, avec généralement quelques défis à remplir entre différents groupes.

C’est aussi parfois l’animateur ou l’invité qui fait référence au sport. Ainsi des entraineurs d’équipes de France, tous sports confondus, ont fréquemment participé à ce type d’ateliers afin d’évoquer leur expérience de meneurs d’hommes, leurs techniques de motivation, leur méthode pour former un groupe homogène et solidaire, afin de remporter les trophées les plus prestigieux.

Les raisons du regain d’intérêt

Depuis quelques années, la cohésion d’équipe est revenue dans l’air du temps. Aujourd’hui, il ne s’agit plus simplement de cohésion, les objectifs sont plus larges, au-delà de la motivation, il s’agit d’améliorer la communication, de rétablir la confiance à la fois dans un service ou vis-à-vis d’une nouvelle direction.

Ces moments sont également utiles lorsqu’une équipe intègre un ou plusieurs nouveaux collaborateurs, avec des jeunes et des anciens, et que des conflits larvés se créent. Le point extrêmement positif de ces exercices est qu’ils se font en dehors de l’établissement professionnel, la notion de hiérarchie y est gommée, chaque personne parlant à égalité avec l’autre : une manière de s’habituer à mieux communiquer.

Au terme d’une session du team building, le regard mutuel des participants a changé, chacun ayant découvert sur les autres des aspects nouveaux de la personnalité de collègues ou dirigeants qu’ils ne soupçonnaient pas.

Les grandes tendances 2018

Les entreprises du secteur cherchent à faire preuve d’innovation et d’imagination. On peut parfois être quelque peu surpris par ce qui est finalement proposé, par exemple des constructions en lego, des créations de poèmes, des scénari impliquant l’intervention de héros… sans oublier les tournois de poker.

  • La technique Lego
    C’est l’entreprise Lego elle-même qui a mis au point cette technique, reprise en France par Avea Partners. La méthode Lego®Serious Play® ou LSP, est un outil de stratégie qui permet notamment de stimuler l’intelligence collective. Des ateliers sont organisés pendant lesquels des équipes travaillent à la création et à la réflexion de projets dans le but de faciliter la communication et la résolution de problèmes.Ces ateliers durent 3 jours et un calendrier de 7 sessions a été prévu en 2018, en langue française ou anglaise, adapté aux TPE comme aux grands groupes. Le nombre minimum de participants est extrêmement flexible. Qu’on ne s’y trompe pas, la méthode n’a rien d’un jeu, même si replonger dans les lego peut aussi s’apparenter à un certain plaisir régressif.
  • « Mythe et Opéra » créé par Alalma
    Alalma est un cabinet de conseil en ressources humaines qui travaille sur des thèmes classiques du secteur mais a également développé un programme spécifique : « Mythe et Opéra ». Cet outil de développement managérial et de cohésion d’équipe a été imaginé par ce cabinet créé en 2005 à partir des récits fondateurs des opéras.« Des séminaires d’entreprise inspirants » voici ce que pro- pose l’agence pour la cohésion d’équipe ou pour l’aide au changement. Il s’agit d’aborder une thématique spécifique à une entreprise par le détour d’un mythe fondateur et d’un opéra, en mettant en résonance le parcours d’une figure mythique avec les enjeux professionnels.Cette approche peut paraître quelque peu élitiste, pourtant il est vrai que ces grands mythes ne sont pas si éloignés de la réalité actuelle. Sur le changement, l’agence travaille notamment sur le retour d’Ulysse de Monteverdi, au moment où il doit reconstruire le royaume d’Ithaque.Autre thème utilisé : la Flûte enchantée de Mozart où Sarastro, grand prêtre du Temple de la sagesse, doit trouver son successeur. Un sujet qui met en avant les valeurs de délégation, autonomie et initiative sans oublier la remise en question qui accompagne toute succession. Enfin, troisième œuvre : Guerre et Paix de Prokoviev, où les familles aristocratiques russes doivent se positionner face au contexte de conquête napoléonienne. Un outil de changement drastique. En bref, une offre originale.
  • Retour à la ferme
    Vous ne connaissez pas la ferme-Château de Laneffe ? Une solution un peu à part pour le team building, même si le retour à la nature est très tendance. L’originalité du concept que propose cette exploitation située en Wallonie en Belgique est que tous les participants participent à un jeu de rôles autour du thème de l’agriculture.Les salariés se retrouvent sur un tracteur, ou à traire les animaux, avant de passer une soirée autour d’un repas. Un modèle à l’européenne, mais aux Etats-Unis, cela existe également, mais façon western, avec la conduite d’un troupeau à travers le territoire du Wyoming. Cette chambre d’hôtes propose donc une solution afin de resserrer les liens d’une équipe dans une ambiance de convivialité, dans un site ancien.Il n’est pas rare de voir des propositions de ce type afin de dépayser les équipes et de les mettre dans un environnement différent avant de commencer le travail. On retrouve également des propositions dans d’autres univers que l’agriculture, comme le cirque par exemple.

Une aide au management collaboratif

Les objectifs de ces ateliers et séminaires sont bien connus. Ils se différencient en fonction du problème posé par l’entreprise : renforcement ou création d’une cohésion, résolution de conflits, changement de management, de culture d’entreprise, meilleure communication entre services…

Cela est à présent bien connu depuis des décennies. Les propositions qui existaient il y a quarante ans sont toujours valables, mais d’autres ont vu le jour. Un élément assez frappant est que les nouvelles technologies ont très peu d’influence sur ces stages, c’est bel et bien le facteur humain qui s’exprime, et souvent les journées consacrées à ce type d’activité incluent un engagement corporel.

Pour les entreprises qui tentent ce genre d’expérience, les attentes sont claires, et des améliorations évidentes peuvent être constatées à court terme. En revanche, il est souvent difficile d’évaluer l’efficacité des résultats à moyen terme, et les bilans sont assez aléatoires, parfois même inexistants. Voici toute la difficulté de l’exercice, car il est toujours plus facile de tirer des conséquences d’une expérience avec des éléments quantitatifs que qualitatifs, plus complexes à manier.

Des résultats difficilement quantifiables

Les directions de ressources humaines continuent cependant de miser, sur ce type d’exercices, du moins dans les grands groupes, et l’on constate qu’aujourd’hui, ce sont les jeux de management qui sont les plus appréciés de ces populations.

Même si les bilans sont parfois difficiles à dresser, qui pourrait nier que chaque travailleur dépend, à un degré différent certes selon les fonctions, de ses col- lègues, et que cela influence la façon dont ils accomplissent leur mission et dont ils se comportent ? Ces moments de synergie n’étant pas gratuits, comme pour tout investissement, il convient évidemment d’évaluer le retour pour l’entreprise.

Certains salariés sont simplement satisfaits, d’autres gardent un souvenir absolument impérissable de ces journées où l’on a l’impression que rien ne sera plus jamais comme avant, parce que l’on est parvenu à se dire des choses que l’on n’imaginait même pas exprimer un jour et qui facilitent le relationnel futur.

L’esprit d’équipe et les millenials

Aux Etats-Unis, les agences spécialisées ont déjà investi sur de nouveaux concepts spécifiquement dédiés aux millenials ou à la création d’équipe entre deux générations. Il semble que le jeune salarié né dans les années 90 soit particulièrement sensible à ce type d’opportunité, bien qu’il soit très individualiste sur certains points. Des idées sont ainsi apparues aux Etats-Unis, dont certaines sont parfois surprenantes :

  • Volunteer ou bénévolat
    Les jeunes sont particulièrement sensibles aux critères sociaux et environnementaux, les faire travailler autour de ce thème ou leur faire passer ensemble une journée à travailler gratuitement pour une bonne action les met dans des dispositions favorables pour intégrer de nouvelles idées ou partager avec leurs collègues.
  • The Egg drop ou la Chute de l’œuf
    Faire travailler en équipe des jeunes salariés et exciter leur créativité en leur demandant d’imaginer et construire un appareil permettant de protéger un œuf tombant d’une très grande hauteur. Le manager s’il est là doit se mettre en retrait afin d’examiner le mode de travail du groupe.
  • 2 vérités et 1 mensonge
    Lorsque de nouveaux employés arrivent dans un service, cet exercice est intéressant. Chacun doit énoncer devant ses condisciples trois phrases les concernant, dont un mensonge. Les autres doivent deviner lequel est le bon.

Le succès du développement personnel

Bien entendu, les chasses au trésor ou les karaokés restent également d’actualité pour ces jeunes du tournant du siècle. L’intéressant avec cette jeune génération est qu’ils sont beaucoup plus intéressés par le développement personnel et n’hésitent pas à prendre certains risques en s’amusant, ce qui est un plus pour ce type d’initiatives. En revanche, le sport est beaucoup moins apprécié par cette population, qui ressent la mise en avant du corps comme étant assez agressive, notamment si l’on a à faire à quelques geeks dans l’équipe.

Un moyen de fidéliser les talents

Aux USA, où les études sur ce phénomène sont plus nombreuses, on a pu constater que seuls 28% des employés milleniaux ont l’impression que leur employeur utilise la globalité de leurs capacités. Or, il ne faut pas oublier que ces jeunes n’hésitent pas à changer d’entreprise s’ils ne se sentent pas à l’aise, ou à l’opposé, ils peuvent y rester pour des raisons de vie personnelle, mais sans vraiment s’impliquer si l’environnement ne leur convient pas. Autre pourcentage à connaître : 79% des millenials souhaitent que leur supérieur hiérarchique se conduise en coach ou mentor, plus qu’en patron. Un changement culturel, là aussi, pour les étages de la direction.

Contrairement à ce qui se passe en France, les agences américaines pro- posent des ateliers de team building qui utilisent fréquemment les technologies modernes et notamment les smartphones. La grande différence entre ainés et jeunes générations chez les salariés est que les seconds préfèrent les missions de type collaboratif que les exercices de type compétitif. Un élément à garder en tête pour élaborer vos prochaines politiques de management et de motivation.

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