Innovation

E-sport le sport du futur3 min read

3 juillet 2018 3 min read

E-sport le sport du futur3 min read

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Un marché en pleine croissance, de l’argent qui coule à flot, une bonne dose d’innovation : l’e-sport est un cocktail explosif. Dans le sillage de ces compétitions de jeux vidéos, des dizaines de start-up ont senti le bon filon.

Autrefois cantonné à une population de « geeks », l’e-sport (ou sport électronique) a changé de dimension en l’espace de quelques années. A tel point que Tony Estanguet, président du Comité d’organisation Paris 2024, s’est déclaré ouvert à son introduction dans les compétitions olympiques. Le mouvement est déjà en marche puisque les Jeux asiatiques d’hiver de 2022, organisés par la Chine, ont déjà intégré cette discipline à leur programme. Mais ces avancées institutionnelles ne sont rien à côté du marché gigantesque qui se profile.

Au niveau planétaire, le secteur dépassera le milliard de dollars dès 2019, selon l’institut Newzoo. Rien qu’en France, l’e-sport a compté 1,6 million d’adeptes en 2017 pour une vingtaine de millions d’euros de revenus. Selon le cabinet SuperDataResearch, le seul marché européen générera 345 M$ de recettes 2018 (contre 30 Md€ pour le football). Dans le sillage de ces promesses économiques, de nombreux investisseurs se sont rués sur le secteur, finançant des dizaines de start-up. Positionnées dans différents domaines (coaching, data, IA, paris sportifs, blockchain, bars…), elles apportent des solutions et des services à la croisée du sport, du divertissement et du numérique.

Certaines entreprises, comme Bigger Inside, proposent des expériences de réalité virtuelle à travers un jeu vidéo jouable dans des décors réels à l’aide de capteurs de mouvement. Un centre devrait voir le jour début 2019 à Montpellier. Bigger Inside vise également l’international à court terme. Centrée sur la data, la start-up Pandascore propose, quant à elle, un outil collectant en temps réel des statistiques liées aux joueurs professionnels. Adoptant une autre approche, Beyond The Void, qui a mis au point un jeu vidéo novateur destiné à être joué en compétition avec des extensions sur la blockchain, est parvenue à réaliser la première ICO (Initial Coin Offering, levée de fonds en crypto-monnaies) française. L’entreprise Beatme permet, quant à elle, aux joueurs de se récompenser mutuellement après leur rencontre.

Les bars e-sport, la nouvelle manne

Enfin, autour de ces entreprises centrées sur les aspects technologiques, l’e-sport génère également des services périphériques (contenus, audiovisuel, digital, événementiel…). A l’image de l’enseigne Meltdown e-sport Bar. Ce réseau de bars (19 en France), qui diffuse des compétitions e-sport, connaît un grand succès. Afin d’accélérer son déploiement, le groupe, déjà implanté dans sept pays, a choisi la franchise. La chaîne envisage de lever prochainement des fonds (2 ou 3 M€) et pourrait très rapidement s’implanter en Norvège et au Danemark. Derrière ce géant, des dizaines de bars dédiés à l’e-sport ont vu le jour un peu partout en France (Cherbourg, Roubaix, Limoges, Pontivy, Metz…).

Des agences spécialisées dans l’accompagnement des marques et des investisseurs sur le secteur ont également vu le jour, à l’image de Stakrn Agency. En février dernier, la seconde édition de l’Esports BAR de Cannes, premier salon mondial dédié à l’e-sport réunissant des professionnels du secteur, a d’ailleurs connu un franc succès.

Si l’e-sport a participé à la création de nouveaux usages, il représente également un renouveau spectaculaire en matière de marketing pour les marques. On ne compte ainsi plus les grands groupes ayant sauté le pas. EDF, qui a créé sa propre équipe professionnelle, M6, qui a pris une participation dans la start-up Glory4Gamers (tournois en ligne), mais aussi Renault et Volvic, tous deux partenaires de Team Vitality, l’un des rares clubs e-sport européens à avoir levé des fonds (2,5 M€), ont très tôt compris le potentiel du e-sport. Selon le think tank français Idate, le secteur devrait engranger une croissance annuelle de 37 % durant les 10 prochaines années. Inutile de dire que l’e-sport a de beaux jours devant lui.

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