Innovation

Les géants de l’assurance vont-ils être croqués par les GAFA ?

25 octobre 2018

Les géants de l’assurance vont-ils être croqués par les GAFA ?

Lancé en 2017 par la start-up rennaise Insurlytech, Leocare propose une assurance auto et habitation à la demande. Pour Christophe Dandois, son fondateur, les acteurs traditionnels du secteur de l’assurance ont tout à craindre des GAFA et des pure players.

De nombreuses start-up de l’insurtech se développent et lèvent des fonds. Où se situe Leocare dans cet environnement mouvant ? Et quelle est votre valeur ajoutée par rapport aux autres acteurs du secteur ?

Nous avons décrit à nos investisseurs – business angels que nous avons choisis pour leur expérience et leurs engagements à nos côtés – les enjeux et les premières étapes à exécuter : mettre entre les mains des consommateurs une assurance auto et habitation reconnue pour sa simplicité, sa transparence et ses innovations.

Leocare est une application mobile qui crée une émotion à nos « First-Leos » par la rupture qu’elle provoque avec le paradigme de l’assurance. Avant de servir les problématiques de niche, nous avons voulu répondre au plus grand nombre, à savoir les personnes concernées par l’assurance auto ou logement. Un marché qui représente 31 milliards d’euros de prime en France, avec un churn (perte de clients ou d’abonnés – ndlr) à 14 % et en constante augmentation.

En téléchargeant Leocare, vous comprenez votre profil d’assuré(e) et l’offre qu’on vous propose, vous pouvez l’adapter quand vous le souhaitez et en toute autonomie. Vous n’avez plus besoin de réfléchir en cas d’assistance et de gestion de sinistre, la géolocalisation et la visio s’occupent de vous : défaut de contrôle technique, tableau électrique, porte d’entrée, vous êtes averti(e). 

La France souffre-t-elle d’un excès de réglementations, notamment en matière d’assurance ?

Les révolutions sectorielles que la France a connues par le digital ont été facilitées par les mêmes déclencheurs : volonté du législateur, capacité d’investissement et création d’un leader de rupture.

De là où nous venons, le contexte réglementaire assurantiel n’est pas un frein pour servir notre évolution sociétale et les nouveaux modes de consommation. En revanche, si la France a légiféré sous contrainte pour dynamiser le marché, elle n’a pas encore la volonté de l’accélérer. C’est en partie ce qui nous rend un modeste suiveur du mouvement de fond actuellement en cours en Europe. Et même s’il est toujours délicat de se comparer aux États-Unis et à l’Asie en matière d’assurance, les tendances domestiques y sont plus nettes.

C’est certainement en raison des coûts en continuelle croissance pour répondre à la conformité que la réglementation impacte le plus négativement l’investissement en terme d’innovation pour le consommateur.

L’impact des objets connectés – capteurs dans les voitures, assurance comportementale dans la santé, par exemple – font craindre un monde où le contrôle sur les individus prendrait le dessus. En tant que CEO d’une start-up du secteur, quel regard portez-vous sur ces craintes ? Sont-elles légitimes ?

Si vous avez des craintes : fermez vite votre mobile et ne payez plus qu’en espèces. Avec les données générées par les cartes de paiement et les mobiles, le contrôle sur les usages d’un individu est très élevé.

Ce que nous allons offrir en 2019 avec notre vignette connectée dans la voiture, c’est de la prévention – avec près d’une cinquantaine d’indicateurs – et l’information de son indice d’exposition au risque, pouvant permettre à l’utilisateur d’améliorer ses garanties et réduire ses franchises. Idem dans la maison où, aujourd’hui, un assuré paye une assurance pour couvrir à 85 % les risques de vandalisme et dégâts des eaux. Ce sera donc à nos « First-Leos » de décider de connecter leurs biens et d’en percevoir la pertinence dans leur quotidien.

Craignez-vous la concurrence des GAFA ?

C’est plutôt une question à adresser aux acteurs traditionnels en place ! Les GAFA seraient des acteurs qui dynamiseraient le marché et le churn avec une promesse par l’innovation. Pour Leocare, ce sont clairement aujourd’hui des partenaires technologiques et des leviers de distribution.

Combien avez-vous de clients ?

Leocare a dépassé aujourd’hui les 5 000 téléchargements cumulés sur les deux stores mobiles avec plus de 2 000 comptes créés. Nous disposons aujourd’hui d’une capacité technologique, par sa performance et sa flexibilité, qui va nous permettre d’atteindre nos prochains objectifs en termes d’acquisition et d’innovation. Nous communiquerons de manière détaillée à l’issue du closing de notre levée en cours.

Quelle est votre vision de Leocare à horizon 5 ans ?

Dans 5 ans, Leocare sera vu comme la marque qui a fait de l’assurance une expérience client alliant proximité et services, qui s’adapte aux risques de « notre » quotidien et dont je me sens fier en tant que client-ambassadeur par la révolution qu’elle incarne.

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Aenean mattis elit. dolor elit. elementum Praesent amet, ipsum fringilla in dictum