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Nicolas Sartorius, fondateur d’AbracadaRoom : « Je me paye 2000 euros par mois »

25 octobre 2018

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Nicolas Sartorius, fondateur d’AbracadaRoom : « Je me paye 2000 euros par mois »

Fondateur d’Unic Stay, centrale de réservation d’hébergements insolites qui détient la marque Abracadaroom, Nicolas Sartorius évoque sans tabou la question de sa rémunération.

Pourquoi avez-vous fait le choix d’être rémunéré via une autre structure que votre start-up ?

Avant de me lancer dans l’aventure Abracadaroom, je possédais déjà ma propre structure. C’est elle qui porte aujourd’hui mes parts dans Abracadaroom, à l’image d’une holding. C’est mon expert-comptable qui m’a conseillé d’opter pour ce type de montage juridique. Les traitements fiscaux sont différents par rapport à l’associé en personne physique – j’aurais très bien pu faire l’inverse. Par conséquent, je touche une rémunération de présidence et non un salaire.

Comment avez-vous fixé votre rémunération ? Selon quels critères ?

Ma rémunération maximale de présidence a été fixée en collaboration avec mes associés/investisseurs, et a été formalisée dans une décision d’AG. Les critères sont très simples : être raisonnable et cohérent pour ne pas mettre en danger inutilement la société. Nous sommes une entreprise à taille humaine et en tant qu’entrepreneur, j’accorde plus d’importance au développement de mon activité qu’à ma rémunération. Il est néanmoins important d’avoir une rémunération suffisante pour vivre correctement et payer ses crédits.

A combien s’élève-t-elle ? Est-elle la plus élevée de l’entreprise ?

Ma société (holding) facture une rémunération de présidence de 4000 euros HT à ma société commerciale. Ensuite, je coupe la poire en deux, car tout n’est pas de la rémunération – il y a notamment le RSI à payer et bien d’autres charges. Ce qui me fait une rémunération nette mensuelle d’environ 2000 euros. Ma rémunération est assez similaire à celle de certains de mes salariés.

Un CEO doit-il toujours être mieux rémunéré que ses collaborateurs ?

Dans une structure de notre taille, je pense qu’il n’y a pas de règle. Un collaborateur peut tout à fait gagner plus que le CEO. Pour ma part, je me sens plutôt à l’aise avec ça. Le CEO détient des parts dans la société, ce qui lui vaut un statut vraiment à part, alors que le salarié n’est que de passage dans l’entreprise. Les enjeux ne sont pas les mêmes.

Comment vous êtes-vous rémunéré lors des premiers mois ?

Les six mois qui ont suivi la création de l’entreprise, je n’ai pas pu me rémunérer, alors que j’étais à 100 % de mon temps sur le projet. Heureusement, j’avais quelques revenus passifs de mon ancienne structure, ce qui m’a permis de tenir le coup. Ensuite, j’ai pu me rémunérer de façon progressive en fonction, bien sûr, du niveau d’activité.
Heureusement, je ne suis pas trop gourmand. Je remercie également ma femme qui a su m’épauler financièrement – et pas que –, et sans qui, je n’y serais probablement pas arrivé.

Avez-vous déjà été contraint de baisser ponctuellement votre rémunération ?

Bien sûr, et il n’y a pas si longtemps ! Il y a un peu moins d’un an, une importante dépense imprévue a mis un coup à notre trésorerie. Je ne me suis pas payé sur le mois en question, et j’ai baissé ma rémunération de près d’un tiers sur les mois suivants, jusqu’à retrouver un bon niveau de trésorerie.

Comment avez-vous établi la hiérarchie salariale au sein de votre entreprise ? Est-ce le fruit d’un processus de décision collégiale ?

Lors de l’entretien d’embauche, je discute avec le salarié pour connaître ses attentes. Ensuite, je lui fais une proposition et on en rediscute. Tout ce qu’il y a de plus classique.
Les salaires sont assez similaires les uns des autres. C’est l’ancienneté et le niveau d’expérience qui expliquent certaines variations.
J’ai la chance d’avoir une équipe formidable. On porte un projet commun et on reste soudés dans les bons moments comme dans les mauvais. Tous les membres de l’équipe savent qu’on est une petite structure, avec ses avantages et ses inconvénients. Je les remercie, car ils ont su faire des concessions dès le départ et s’adapter à la taille de l’entreprise.
C’est pourquoi j’essaie de les récompenser – par une prime ou une augmentation – dès que je peux et quand la croissance de l’activité me le permet.

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