Yohan Hubert, co-fondateur de Sous les Fraises : « Nous avons construit des jardins intelligents »

Entrepreneurs 23 août 2018

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Yohan Hubert, co-fondateur de Sous les Fraises : « Nous avons construit des jardins intelligents »

Implantée dans sept villes, la start-up Sous les fraises (15 salariés) fait figure de référence mondiale de l’agriculture urbaine. Son fondateur, Yohan Hubert, se targue d’avoir mis sur pied l’un des bureaux d’études « les plus performants au monde ».

Quelle est la singularité de Sous les fraises ?

Nous avons construit des jardins intelligents avec une technologie inédite : l’outil est à la fois low tech (laine de mouton, chanvre…) et high tech (robotique). Depuis Grenoble, notre ingénieur gère 14 fermes (Levallois, Aubervilliers, Paris, Annecy, Lyon, Marseille…). Nous avons créé des lieux de vie durables, avec une dimension pratique, éducative et pédagogique.

Que faites-vous des fruits et légumes récoltés ?

Nous avons développé les premières gammes d’épicerie de produits transformés de l’agriculture urbaine. Les produits frais sont vendus à de petits restaurants et les produits d’épicerie sont destinés au grand public. A côté de notre exploitation agricole située sur le toit du centre commercial So Ouest (situé à Levallois-Perret, NDLR), nous avons récemment ouvert un magasin.

Comment expliquez-vous ce succès fulgurant ?

C’est simple : une équipe ultra compétente. Nos collaborateurs n’ont jamais compté leurs heures. Ensuite, nous avons une véritable vision du secteur – une agriculture durable, qualitative et proche de l’homme – car nous sommes en avance sur notre temps. Lorsque les citadins ne sont retournés vers l’agriculture, nous étions déjà prêts depuis plusieurs années. On s’est posé les bonnes questions bien avant les autres. En matière d’agriculture urbaine, notre bureau d’études est l’un des plus performants au monde.

Yohan Hubert, fondateur de Sous les fraises, dans l’une des fermes parisiennes de la start-up.

Comment assurez-vous le financement ?

On s’auto-finance. La boîte est rentable ; notre modèle est sain. L’entreprise est ancrée dans l’économie réelle et a trouvé son marché.

Etes-vous leader du secteur ?

En France et même à l’étranger, on fait partie des meilleurs.

Quid de votre modèle économique ?

Nous vendons des produits d’épicerie, des produits frais, conçus localement, mais aussi des expériences. Nous ne sommes pas des vendeurs de matériel : notre modèle économique ne repose pas sur l’obsolescence programmée. On a répondu à la question fondamentale : comment s’amuser, vivre et manger tout en ayant un mode de vie durable ? Sous les fraises a démontré que c’était possible.

Songez-vous au développement international ?

On a des opportunités intéressantes à l’étranger. Je pars d’ailleurs la semaine prochaine (l’entretien a été réalisé mi-mai, NDLR) pour l’une des plus grandes fermes du monde située dans un très grand pays asiatique. C’est potentiellement notre premier projet réalisé à l’étranger. Il est gigantesque…

Pourquoi ne pas être allé plus tôt l’international ?

Pour une jeune start-up, ce n’est pas évident. Il faut éviter de se faire emberlificoter… On nous a déjà proposé des projets en Europe et dans le monde, qu’on a refusés car nous n’étions pas au point.

Comment voyez-vous le secteur de l’agriculture urbaine évoluer ?

Il y a aura beaucoup de n’importe quoi, mais ça fait partie du jeu. Deux modèles n’ont aucun avenir : le « scénario catastrophe » ou le modèle financier –  la production de salades dans des conteneurs ou des usines –, mais aussi le modèle pédagogique – le petit potager pour divertir ses collaborateurs. Ce qui marchera, ce sont des gens qui se mettent à bosser sérieusement, à produire, à vendre leur récolte. Il faut reconnecter l’activité à l’économie réelle. Seuls les exploitants agricoles tireront les marrons du feu dans l’agriculture urbaine.

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